Cher public,

Vous qui lisez ces mots, réjouissez-vous, le spectacle vivant n’est pas mort !

La compagnie poursuit son hymne à la résistance joyeuse, transforme ce moment morose en mettant à profit cette vacance pour exciter ses particules phantioniques et vous concocter une nouvelle création.

C’est dans notre demeure ancestrale, sur le Parc des Doublorigènes, que nous nous sommes confinées.

Le Parc est situé à la lisière de la forêt de la Double, la plus grande surface boisée du Périgord. Il abrite sous forme de sculptures en bois, les Doublorigènes, êtres imaginaires – mais le sont-ils vraiment – représentants les premiers habitants de la sylve. Leur nom est un mélange des mots : double, indigène, origine. S’ils ont aujourd’hui disparu, ces sympathiques proto-humains sont les esprits bienveillants gardiens du lieu.

Au Printemps 2020, un évènement de taille est survenu. A la faveur d’un grand débroussaillage, la bâtisse s’est avérée être bien plus grande que ce que nous pensions jusqu’alors. Elle formait à l’évidence non pas un L mais un U. Sous les lianes arbustives, les ronces, la glycine centenaire, les buissons ardents et autres plantes enchevêtrées se cachait un autre corps de bâtiment : l’aile Ouest.

Nous avions là, sans le savoir, et se tenant sous nos yeux, intact, préservé dans son écrin, à peine poussiéreux et gardé par 17 chats, le plus fabuleux secret de la forêt de la Double.

Cette aile ouest recèle l’ensemble des travaux de Danton de la Jalmout’ (1817- 1879).
Réparti dans plusieurs pièces, mystérieusement entretenues, nous y trouvons un amoncellement de malles, cartes, livres, grimoires, sculptures, tableaux, gravures, ainsi que des collections d’objets au charme et à la technologie étrange. 

Il faut que vous sachiez que Danton de la Jalmout est l’arrière-arrière-arrière-arrière grand-oncle de Dominique Perez, le sculpteur créateur du Parc, auteur pour la Compagnie Nukku Matti. Tout s’explique !

Aujourd’hui à l’orée de l’hiver, installées dans cette aile Ouest, nous nous affairons à trier, classer, inventorier, restaurer et plongeons dans l’étude de ces documents que nous savons rares et d’une importance inouïe.
Il nous faut imaginer le meilleur moyen de partager avec vous cette découverte de la plus haute importance.

Est-ce un hasard si le parc se trouve pile-poil au centre géographique de la région Nouvelle-Aquitaine ?

Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de l’avancement de nos travaux.

Nathalie Aubin et Sylvie Massiot

Artistes de la Cie Nukku Matti